La fête du Travail est aussi une invitation à se reposer.
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Vingt-cinq ans, c’est assez de temps pour qu’un enfant devienne adulte. Assez de temps pour que les silhouettes des villes changent, que des mémoriaux s’élèvent et que toute une génération apprenne que le 11 septembre 2001 appartient à l’Histoire.
Mais pas assez de temps pour que la perte paraisse moins grande.
Pour les familles des victimes, les survivants, les intervenants et les équipes de déblaiement et de reconstruction, la distance entre hier et aujourd’hui ne se mesure pas seulement en années. Le deuil ne suit pas de calendrier. Se reconstruire ne signifie pas oublier. Aller de l’avant n’exige pas de laisser le passé derrière soi.
Se reconstruire, ce n’est pas revenir comme si de rien n’était à la personne ou au monde d’avant. Certains événements changent tout ce qui vient après. Il ne s’agit pas d’effacer la blessure, mais d’apprendre à porter ensemble la vérité, le chagrin, l’amour et la responsabilité.
C’est pourquoi les anniversaires comptent. Ils font une place aux noms qui doivent encore être prononcés. Ils nous rappellent que le deuil intime se poursuit après que l’attention du public s’est tournée ailleurs. Ils nous appellent à être aux côtés des personnes endeuillées, sans chercher à précipiter leur guérison ni à expliquer leur douleur.
Au Mémorial national du 11 septembre se dresse un poirier de Callery, connu sous le nom de Survivor Tree. Il a été découvert gravement endommagé à Ground Zero en octobre 2001, avec des branches brisées et des racines arrachées. Il a été transplanté, soigné, puis réinstallé au Mémorial en 2010.
Son vieux tronc marqué de cicatrices et ses nouvelles pousses restent visibles côte à côte. Le passé n’a pas été caché pour donner l’illusion que l’arbre était intact. Sa survie est d’autant plus bouleversante que les dégâts restent visibles.
L’histoire du Survivor Tree est devenue un symbole vivant de persévérance et de renouveau. Elle ne laisse pas entendre que la tragédie était en quelque sorte nécessaire. Elle montre que la vie peut continuer sans nier ce qui s’est passé.
Le 11 septembre, le courage a pris d’innombrables formes. Il y a eu le premier intervenant qui s’est engagé dans le danger. Le passager qui a passé un dernier appel. L’inconnu qui a aidé un autre inconnu à descendre une cage d’escalier. Le proche qui a dû porter une nouvelle insoutenable. L’agent de déblaiement qui est revenu, jour après jour.
Depuis, le courage s’est aussi manifesté plus discrètement. Il a pris la forme d’un rendez-vous auquel on se rend, d’un nom que l’on prononce, d’une demande d’aide, de la vérité que l’on dit à un enfant, d’une nouvelle cérémonie du souvenir à laquelle on assiste, et d’un réveil pour affronter un autre matin de septembre.
Il n’existe pas une seule bonne façon de commémorer cette journée. Certains se rassemblent. D’autres se mettent au service des autres. Certains prient. D’autres mettent un drapeau en berne. D’autres encore restent en silence. Le respect commence par le fait de laisser le chagrin être ce qu’il est.
Vingt-cinq ans plus tard, nous nous souvenons des quelque 3 000 personnes qui ont été tuées. Nous rendons hommage aux familles dont la vie s’est divisée entre un avant et un après. Nous remercions les intervenants, les militaires, les équipes médicales, les équipes de déblaiement et les bénévoles dont le dévouement s’est poursuivi bien après ce matin-là.
Nous nous souvenons aussi de la responsabilité qui nous a été transmise : dire la vérité, rejeter l’indifférence, prendre soin les uns des autres et faire vivre la mémoire pour ceux qui viendront après nous.
Ce qui a été perdu ne peut être remplacé. Ce qui a été donné avec courage et amour ne doit pas être oublié.
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